Pages

mercredi 26 août 2009

Nouveau projet : Les ciels d'Eugène...

La plage de Tourgeville, Eugène Boudin, 1893

Je viens de nouveau à la pêche aux conseils (Rappelez-moi de vous offrir le resto quand je serai devenue riche :-) Donc : Je suis en train de réfléchir à des petites histoires autour de grands noms de l'histoire des arts, un peu dans la suite de Mademoiselle C sur Camille Claudel. J'ai essayé d'écrire quelque chose sur Eugène Boudin, le maître de Monet, celui que Corot appelait "Le roi des ciels", et accessoirement mon arrière grand-oncle d'après ce qui se dit dans la famille ^^ Sauf que voilà, je ne suis pas trop contente du résultat : ça me semble surtout un peu long... Je veux bien vos avis et, éventuellement, vos suggestions ! D'avance merci.

Les ciels d’Eugène

Eugène se promène
Sur les bords de la mer
Les rêves en bandoulière
Il observe le ciel.

Il cherche et cherche
Sans cesse
La tête toute de travers

Mais qu’est-ce qu’il attend
Toujours le nez au vent ?

Espère-t-il reconnaître
Dans un des plis du ciel

Une bête à trois pattes
Ou un vague visage de femme ?

Non non pas du tout
Eugène ne cherche pas :
Des images de trois sous
Il observe les nuages
Et c’est déjà beaucoup.

Immenses et fragiles
Couchés sur l’infini.

Petits et légers
En tresses mal serrées.

Large et opaque
Pesant de toute leur masse.

Depuis qu’il est petit
Ils sont un peu amis…

Eugène voit que le gris
A un air un peu triste

Il s’éblouit du blanc
De son éclat violent

Il soupèse leur poids
Il invente leurs lois


Il voit les nuages
Pour ce qu’ils sont vraiment
C’est déjà pas mal !
Ce n’est pas tout pourtant :

Il lui arrive parfois
De regarder en bas
Mais la tête reste de travers
Pleine d’air et de rêve

La campagne avec ses champs
Souffle et vente doucement

Les pelages de ses vaches
S’enroulent comme des tornades

Et à la plage, sur le sable,
Les robes forment des flaques

Tandis qu’au milieu
Entre deux cieux
Des voiles de navire
Nous invite à partir

Eugène écoute ainsi
La vie qui palpite
Celle qui vibre
Qui chavire
Et alors il la fixe
Dans sa peinture à huile.

Mais ce n’est pas fini !

Ça ne fait même que commencer…

Parce qu’en regardant de prés
On voit les traits trembler.

Et quand arrive la nuit
Que petit à petit
Le musée se vide

Il se passe un truc étrange
Les nuages reprennent leur danse
Et tous entrent dans la ronde
Les jupes, les blés, les ponts
Et les bateaux légers sur l’horizon

Alors quand le matin
La lumière revient

Il arrive qu’un nuage
Ne soit plus bien à sa place.

Mais il faudrait
Pour le remarquer

Le regard d’un Eugène
Le cœur en l’air
Qui sans tricher
Qui sans peser
Ne prend pas à la légère
Les nuages et leur mystère.

25 commentaires:

Anonyme a dit…

voilà qui me donne envie de passer la matinée au Musée...
Stéphanie, LE HAVRE

Gwendoulash a dit…

bon alors écoute peut être que c'est long mais en tout cas je ne me suis pas ennuyée une seconde c'est un putain de bon texte (excuse l'expression)

berthe a dit…

Génial ! Très poétique et sensible !

Bidouille a dit…

Wahou !Superbe !

Alice a dit…

Pour de vrai ? Vous êtes des anges les filles, vous me rassurez drôlement ! J'avais l'impression que c'était indigeste... Merci :-)

La LucIoLe a dit…

C'est vrai que c'est long ( pour ce genre de texte ) néanmoins je trouve que l'on se laisse porter au fil des mots et c'est fort agréable. Ce texte est presque chantant... Il laisse beaucoup place à l'imagination et...bah ça fait du bien!^^ Cependant si tu souhaitais le raccourcir légèrement, peut-être pourrais-tu oter quelques qualificatifs qui n'enlèveraient rien à la force de tes mots...
Je vais m'arrêter là avant de ne m'emporter totalement. En tout cas, félicitations!! Il fait rêver ce texte...
A bientôt, La LucIoLe.

Lise a dit…

Un vrai plaisir, et le dernier paragraphe m'a fait terminer par un sourire... C'est fin, c'est poétique, tu as un sacré don, sans rire. Je me suis un peu perdue après " Mais ce n’est pas fini !"
mais je suis vite revenue dedans ensuite, et à mon avis la longueur ne serait plus gênante si on était calé dans un bon fauteuil avec ce récit imprimé sur du beau papier...^^

Nicolas Gouny a dit…

à deux ou trois détails d'expression près, il est superbe... j'aime sa tonalité un peu triste et mélancolique, avec sa fin un peu déceptive, et j'aime que tu parles des ciels

(très beau le tableau)

celia a dit…

que c'est bien! que c'est bien!
( minie remarque chianpoteuse: dans " des voiles de navire nous invite à partir ", faut il accorder "invite" aux voiles ?)

C'est beau...

Alice a dit…

Un GRAND merci pour toutes ces remarques encourageantes ! ça fait super super plaisir ^^

N'hésitez pas sur les critiques non plus !

> Luciole : quels qualificatifs enlèverais-tu ?

> Nicolas : vite, vite dis-moi les expressions qui dérangent ! Que je leur pète les dents ^^

> Célia : Oups ! Merci :-)

> Lise : j'aimais bien l'idée de rupture à "ce n'est pas fini" puisqu'on passe du plein air au musée... Mais si c'est trop gênant, je change !

J'avais envie de retoucher la fin mais j'hésitais entre :

Mais il faudrait
Pour le remarquer

Le regard d’un Eugène
Qui sans se donner des airs
Ne prend pas à la légère
Les nuages et leur mystère.

Ou

Mais il faudrait
Pour le remarquer

Le regard d’un Eugène
Qui sans peser
Et sans poser
Ne prend pas à la légère
Les nuages et leur mystère.

Un avis :-?

Encore moult et moult mercis !

Gwendoulash a dit…

haa oui sans peser et sans poser ça sonne bien ...

claire a dit…

ouh lala j'ai raté des épisodes ! La manon est finie ?... et on peut la lire finie nous aussi ?...
Les ciels d'Eugène sont très très beaux ! tiens, j'avais une idée aussi, je t'en parle un de ces jours !
bises

claire a dit…

pareil que gwen, peser poser !

Alice a dit…

Hop peser poser adopté ^^

Et oui oui je t'envoie la Manon V2 !

Marie a dit…

J'aime beaucoup ce texte moi aussi.
Par contre, je prefere la fin avec "sans se donner des airs".

Lise a dit…

J'aime mieux la première fin, mais trop tard...Et pis jamais les avis seront unanimes ! ^^

ju a dit…

C'est un super texte, très poétique. J'ai plein d'images qui surgissent quand je le lis. (c'est bon signe...) :)
Le seul détail qui me gêne (un peu), c'est l'utilisation du mot "truc" dans "il se passe un truc étrange". Mais bon, je ne suis pas plus littéraire que ça... ^^

Anonyme a dit…

une superbe ballade !!!!!!!!!!!!! merci!

La LucIoLe a dit…

Je répond un peu tard... Je me suis mal exprimée car il ne s'agit pas de qualificatifs, en fait ce serait plutôt la forme dans certains couplets que je trouve par moment un poil lourd... Après cela fait sans doute parti de votre écriture et ce n'est pas des plus dérangeant^^.
Félicitations, car comme je l'ai dit précédemment il fait rêver ce texte.

A bientôt, La LucIoLe.

Au fait, l'illus. ci-dessus est vraiment sympa, j'ai hâte de voir la suite^^

Alice a dit…

Merci à tous pour votre enthousiasme :-)

Ezra-la-luciole, tu me vouvoies maintenant ? :-(

Et n'hésite pas à pointer plus précisément les lourdeurs ! Soit je les justifie, soit je les retravaille...

Alice a dit…

Ju > "Il se passe une chose étrange" c'est mieux ? Ou "des choses étranges" ? Ou je cherche...

Merci en tout cas :-)

La LucIoLe a dit…

oups, désolée pour le vouvoiement...habitude!^^
Question: mais qu'est-ce que ezra-la-luciole? C'est bien à moi que tu disais ça, non?

"il cherche et cherche", c'est pas grand chose mais je crois que je fais un blocage sur le "et"...
Je voulais te demander, la ponctuation, elle resterait comme elle est présentée ici?
Après relecture, je trouve que certains des changements apportées sont plus fluide.

Bref très bien :)
Bravo!

Nicolas Gouny a dit…

"Il se passe un truc étrange" :) (vas-y pêtes-lui les molaires ^^)

Alice a dit…

Ok crochet du droit sur le "et" et coups de coude sur "le truc étrange" ! Namého !



La luciole n'est pas Ezra allias "la luciole masquée" ? Une seconde luciole est venue se poser dans le coin ? ça tombe bien remarque, j'aime beaucoup les lucioles ^^

Alice a dit…

Et non, la ponctuation c'est le truc que je fais en tout dernier... C'est pointilleux, et un peu chiant ;-)