Pages

jeudi 10 décembre 2015

10 conseils pour devenir auteur jeunesse

Je ne sais pas si c'est l'effet Montreuil ou l'approche de Noël, mais je reçois actuellement de nouveaux arrivages de questions sur le "dis comment on devient auteur jeunesse dis ?". Du coup j'ai eu envie de faire un petit récap' de l'essentiel en 10 points. Notez que la sélection est très personnelle et n’engage que moi… Pour une vision plus complète et plus plurielle, retrouvez la brochure Charte sur le sujet en téléchargement gratuit ici.

1. Écrire
Ici comme partout, il ne suffit pas d’avoir envie, et tant que tu n’auras pas essayé de poser sur le papier ou sur le clavier tes idées, elles ne sortiront jamais de l’état d’idée. C’est le plus dur, c’est sûr, de passer à l’acte… Mais si tu ne le fais pas, personne ne le fera à ta place.

2. Relire
Ça y est, c’est écrit. Deux solutions : a- tu trouves ça nul, tu le mettrais bien à la poubelle  b- tu trouves ça génial et tu le crierais bien sur tous les toits. La vérité est sans doute entre les deux. Laisse-toi le temps de la réflexion, quelques jours au moins, puis retravaille. Ensuite seulement fais-le lire à un bêta-lecteur.

3. Écrire encore
Là je parle de textes d’album, c’est peut-être différent pour les romans, mais il est complètement utopique de partir dans ce métier avec UN texte dans sa gibecière ! Un auteur aguerri m’avait dit : il faut 10 textes pour qu’un soit publié, et 10 publications pour qu’une ait du succès. Sur le coup j’avais trouvé ça pessimiste, c’était en réalité optimiste : n’aies pas peur de tabler sur 20 !

4. Collaborer
De la jolie étymologie « travailler avec » : monter des projets avec des illustrateurs, écrire à 4, 6 ou 7 mains, s’exercer en ligne ou dans des fanzines. Fonce !! Plus tard, tu deviendras toi aussi un auteur aigri qui compte son temps et ses mots, mais au début on ne s’économise pas.

5. Choisir
Bien repérer dans les librairies les maisons d’édition qui te plaisent, et ne jamais rabaisser tes exigences. Si une maison te semble foireuse, même si elle te propose de t’éditer, ben tu en sortiras avec un livre foireux et une réputation foireuse. Intérêt = 0.

6. Envoyer
Par mail c’est très bien, et pitié ne précise pas que tu as trois enfants et qu’ils adorent ce que tu fais !! ils adorent aussi tes crêpes et ce n’est pas pour cela que tu veux devenir chef... Le statut de parent n’est pas un plus en littérature jeunesse, pas plus que le statut de psychopathe pour écrire un thriller.

 7. Patienter
Les réponses peuvent venir entre 2 secondes et 2 ans, en général c’est 2 mois. Inutile de relancer avant. En attendant, retour au point 3.

8. Encaisser
10 projets écrits (ou 20 donc) pour une publi, ça veut dire moult « non » avant. Mieux vaut se blinder. Et quand le oui arrive ? Avant de te réjouir vérifie si ce n’est pas une arnaque à l’auto-édition-déguisée : si on te demande de l’argent ou un minimum d’acheteurs garantis en prévente, fuis !

9. Relire encore
Hé hé, un vrai oui ? Tu peux te réjouir. Un peu. Mais après tu retrouves ton sang-froid et tu relis bien bien bien le contrat. Il t’engage pour 70 ans après ta mort, c’est pire qu’un mariage. Alors prends le temps de te renseigner, lis les conseils de La Charte et si tu patauges encore fais appel à leur juriste.

10. Publier
Que des « non », mais tu tiens à ton projet : tu as envie de l’offrir à tes gamins, à tes parents, à tes voisins… pourquoi ne pas le publier toi-même ? Il existe des sites comme lulu.com qui te permettront d’avoir un objet fini sans y perdre le sommeil. On peut aimer écrire, chanter, danser sans en faire son métier, alors enjoy :-)

3 commentaires:

Véronique Cauchy a dit…

Tu es optimiste dans tes chiffres: un éditeur me disait dernièrement qu'en France, un projet sur mille reçus par les éditeurs voyait le jour. ( Il ne parlait pas que de la jeunesse, mais quand même, ça calme!)

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec Véronique, mais c'est dû au fait qu'il y a trop (d'aspirants) auteurs jeunesse. En tant qu'éditeur, je reçois entre 20 et 40 manuscrits par semaine. Même dans une grosse boite où l'on publie 200 titres par an, je vous laisse imaginer le nombre de refus...

Et le marché est saturé. La réalité, c'est qu'il faudrait aussi moins d'éditeurs, et moins de livres publiés... Ce qui voudrait dire encore plus de refus !

Alice a dit…

Véronique, bien sûr il faut multiplier les 20 projets par le nombre d'éditeurs pour avoir le nombre de "non"... Je reçois régulièrement des refus sur des projets déjà publiés ! Mais j'ai quand même vu pas mal de gens franchir l'étape de la publication depuis 7 ans que je suis dedans. Plus d'1 sur 1000 en tout cas, c'est sûr. Après, avoir une publication ne signifie évidemment pas que c'est ta profession. Le métier se fait sur le long terme, avec des notions de statut, de carrière, tout ça.

Anonyme : je pense qu'il n'y a jamais trop d'aspirants auteurs... La littérature (jeunesse ou non) a tout à gagner de l'extrême concurrence. Après bien sûr, c'est du boulot à lire mais 1. C'est justement vôtre boulot ^_^ et 2. on peut la plupart du temps reconnaître un mauvais texte aux 3 premières lignes...

Idem pour les éditeurs, où c'est cette fois aux libraires et aux critiques de faire le tri. La grande richesse de l'édition française repose sur cette multiplicité. Dans le système anglo-saxon, où les barrières à l'édition sont plus importantes (avec notamment l'agent qui fait un 1er tri), le résultat est nettement plus standardisé.