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samedi 6 septembre 2014

PCR + NYC = WTF



1998 - chanel n°5 (luc besson) by fifitou

Argh. Je suis en train d'écrire un article sur trois réécritures du Petit Chaperon rouge dans les rues de New York, et ma conclusion part en totale vrille du genre : je crois trop à ce que je dis mais impossible de le dire sans écrire une thèse pour définir chaque terme ou accepter de me faire lapider par des chercheurs hurlant "la Postmodernité n'existe Pas !" (imaginez qu'ils postillonnent...). Ma prof me conseille de la virer, et je sais qu'elle a entièrement raison, même, je sais que lesdits potentiels chercheurs hystériques auront également entièrement raison... Les pauvres, ils passent leur vie à définir des concepts hyper balaises, alors forcément quand ils voient des filles dans mon genre en faire n'importe quoi, ça agace. Un peu comme les élèves qui cherchent les traces du Romantisme chez Hugo à coup de boîtes de chocolat... Mais je l'aime bien, quand même, cette conclusion. Et ça m'embête qu'elle disparaisse à tout jamais dans la corbeille de mon ordi. Alors je la mets ici. Parce qu'ici c'est chez moi. Alors je fais ce que je veux. Nananère-heu. J'en profite d'ailleurs pour glisser la pub de Luc Besson, qui n'est pas tout à fait sur NYC, mais qui brasse pas mal d'idées communes et que j'aime beaucoup, et pour vous conseiller la lecture des trois bouquins en question... Voili.
 Si historiquement notre modernité s’ouvre avec la découverte du nouveau monde, la consécration des États-Unis en tant que première puissance mondiale au milieu du XXe siècle ouvre l’ère de la postmodernité. Le conte traditionnel, et les codes de l’univers merveilleux qu’il dresse, s’inscrivent de manière marginale mais cohérente dans le paysage littéraire du moderne Perrault. Il récupère le merveilleux antique et l’inscrit dans un projet esthétique et éducatif qui ne s’attache plus tant à la croyance qu’au sens. Les loups ne parlent pas, certes mais les jeunes filles doivent être sur leurs gardes et c’est là la morale de l’histoire. La fiction n’est pas le réel, mais elle lui permet d’avancer dans la quête du progrès. Au XXe siècle, la relativité fait exploser ce beau paradigme à peu près en même temps que la bombe atomique, et c’est un espace fragmenté que les enfants de la fin du XXe et du début du XXIe siècles reçoivent en héritage. Rebecca Dautremer, Arthur Lebœuf, Carmen Martín Gaite et Bill Willingham tentent chacun à leur manière d’en recoller les morceaux. New York s’offre comme le lieu idéal de cette recomposition : sa carte, géographique et identitaire, appartient à la culture commune et peut devenir le bois initiatique des nouveaux chaperons rouges. La transgression n’y est plus condamnée, mais exalte au contraire la suprématie de l’individualité comme réalisation de soi et condition du bonheur. C’est ainsi la liberté que défendent crocs et ongles ces trois réécritures : celle du personnage, celle de l’auteur, et peut-être plus encore celle du lecteur. À lui de s’émouvoir devant ce Chaperon portant toge et flambeau, ou d’en rire, ou de le réécrire.
L'analyse concerne :

Le loup de la 135e avenue, de Rebecca Dautremer & Arthur Lebœuf, Seuil, 2008.


Le Petit Chaperon Rouge à Manhattan, de Carmen Martín Gaite, Flammarion, 1998.


Fables, de Bill Willingham, DC Comics, depuis 2003.


Trois ouvrages que je vous recommande trèèèèèèès chaudement.

Joyeux jour à tous !

4 commentaires:

Rebz a dit…

Ça donne envie de les lire !

Véronique Cauchy a dit…

Alice, j'adore tes questions existentielles!

Charlie a dit…

LOL + MDR = PTDR !!!

Alice a dit…

Rebz > Ho oui, il faut ! Ils sont tous les 3 géniaux dans leur genre...

Véronique > J'adore tes commentaires <3 Merci !

Charlie > MBALF (= mille bises àla family ;-)